"Sous le château
de Lourmarin, au cœur du domaine
de Casèuse, dans une grande
pièce aux murs couverts de
vitrines, la foule immense de tout
un peuple façonné dans
l'argile avait interrompu, un jour
de mars 1963, sa marche vers l'Enfant-Dieu.
La mort de Mathieu Varille, leur
collectionneur, avait suspendu la
saveur de leurs attitudes et les
avait rendus sans voix. Il fallait
bien un tel drame pour que la peissouniero
arrêtât de vendre ses
poissons. Après quarante ans
d'oubli, on aurait pu les croire
morts. Leur vie n'était que
suspendue et avait besoin de la chaleur
d'un regard d'amour pour se ranimer,
tels des dieux égyptiens.
De deux, plus exactement. Celui de
Françoise Delesty qui découvre
la collection et me met en rapport
avec Nathalie Varille, petite-fille
de Mathieu. Celle-ci accepte de se
séparer de la collection au
profit du Musée d'art sacré du
Gard, non sans un pincement au cœur.
La tractation fut menée dans
une absolue confiance en juillet
2002"... Extrait de la Préface
de Alain Girard. |